
Un constat amer, mais partagé par beaucoup. Car malgré des décennies de travail et de cotisations, le système ne récompense pas toujours à la hauteur des efforts fournis. Gérard Jugnot avoue d’ailleurs ne pas maîtriser tous les rouages techniques de la réforme des 64 ans. Pour lui, la clé du calcul reste simple : le nombre de trimestres cotisés.
Pas question de s’arrêter : il continue de cotiser pour les autres
Ce qui est fascinant dans la situation de Gérard Jugnot, c’est qu’il continue de travailler — et donc de cotiser — à un âge où beaucoup aspirent à souffler. Il se définit lui-même comme un « persistant », ces actifs qui poursuivent leur activité bien au-delà de l’âge légal de départ. Sa raison ? Simple et touchante : * »Il faudra qu’on m’arrête. »*
Son métier, il l’a dans la peau. Impossible pour lui d’imaginer poser les armes. Mais il y a un paradoxe amusant dans tout ça : les cotisations qu’il verse aujourd’hui ne lui profitent plus directement. Comme il l’explique lui-même avec philosophie, * »tout ce qu’on cotise, ce n’est plus pour nous, c’est pour les autres. »* Éric Dussart l’a d’ailleurs surnommé « super contributeur » — et le terme est mérité.
Il comprend, par ailleurs, que tout le monde ne partage pas sa passion pour le travail. * »Je ne suis pas concerné, mais je peux comprendre que quelqu’un qui fasse un métier difficile ait envie de s’arrêter »*, confie-t-il avec bienveillance.