Michel Drucker évoque un Johnny Hallyday très fragile, loin des caméras… « Il était profondément malheureux »
Au milieu des années 1960, la carrière du chanteur bat dangereusement de l’aile. Le public s’éloigne, ses repères affectifs se fissurent, son couple avec Sylvie Vartan vacille. Harcelé par le fisc, épuisé nerveusement, Johnny sombre. C’est en 1965 qu’il est hospitalisé en Suisse pour une cure de sommeil. La dépression s’installe. Le monde l’encense… mais lui s’effondre.
Michel Drucker insiste : cette tentative de suicide est un épisode méconnu, mais déterminant. Le 10 décembre 1966, Johnny n’a que 23 ans. Acculé, il avale des barbituriques, de l’éther, et s’ouvre les veines. Amanda Sthers relate dans Dans mes yeux la scène terrible : un corps affaissé, du sang sur la moquette, la mort à quelques minutes près. C’est l’intervention in extremis d’amis proches qui lui sauve la vie. La France, elle, ne saura que bien plus tard ce qu’elle a failli perdre.

Lorsque Michel Drucker le retrouve après cet épisode, Johnny est terrorisé à l’idée de remonter sur scène. Il craint que le public l’ait oublié, qu’il ne soit plus « l’idole des jeunes ». Drucker, lui, croit en sa renaissance. « Tu vas faire un carton », lui glisse-t-il. Et il avait raison. Noir c’est noir devient un symbole : celui d’un homme revenu du bord du gouffre, décidé à brûler la vie sans jamais se retourner.