Dans la première version de l’article, le résumé suggérait qu’un taux de cholestérol total élevé augmentait les chances d’atteindre 100 ans. Les auteurs ont ensuite précisé : « Un faible taux de cholestérol était associé à une probabilité réduite d’atteindre l’âge de 100 ans », tout en notant qu’« un taux de cholestérol élevé n’augmente ni ne diminue la probabilité de vivre jusqu’à 100 ans ».
Les recommandations corrigées sont plus équilibrées et correspondent aux données qui utilisaient le quintile médian comme référence. Leur message final est précis : appartenir aux quintiles inférieurs de cholestérol total ou de fer était associé à une probabilité plus faible de devenir centenaire. Appartenir aux quintiles supérieurs de glucose, d’acide urique, de GGT, d’ALP, de LD et de TIBC était également associé à une probabilité plus faible. Pour la créatinine, les deux quintiles supérieurs présentaient une probabilité plus faible. Pour l’aspartate aminotransférase, les quintiles supérieur et inférieur présentaient tous deux une probabilité plus faible. Cette courbe en U peut apparaître lorsque la carence et l’excès comportent des risques. Cette nuance est importante lors des consultations médicales. Exagérer les valeurs peut être contre-productif. La santé se situe souvent au milieu. Votre médecin interprète les résultats d’analyses dans leur contexte, en tenant compte de l’âge, des médicaments, de l’alimentation et des maladies actuelles. Toutefois, cette vision populationnelle offre des indications utiles en matière de prévention. En savoir plus sur le glucose
La glycémie reflète la façon dont votre corps gère le sucre. Dans cette étude, les personnes présentant les taux de glucose les plus élevés avaient moins de chances d’atteindre 100 mg/dL. Ce résultat concorde avec des décennies de recherche établissant un lien entre l’hyperglycémie chronique et les lésions vasculaires et nerveuses. Il est également en phase avec les objectifs de prise en charge du diabète. L’Association américaine du diabète considère une glycémie à jeun inférieure à 100 mg/dL comme normale. Elle définit un taux compris entre 100 et 125 mg/dL comme un prédiabète, et un taux supérieur ou égal à 126 mg/dL comme un diabète. L’étude n’a pas établi de diagnostic clinique de diabète pour l’ensemble de la cohorte. Elle a plutôt regroupé les participants par quintiles de glycémie mesurée, puis a estimé les chances de devenir centenaire. Une hyperglycémie persistante est généralement associée à un risque accru de maladies. Par conséquent, viser des taux de glycémie dans la norme est essentiel pour une bonne santé à long terme.
Santé
Chez les personnes diabétiques, des objectifs de glycémie avant et après les repas sont fixés afin de réduire les complications. Chez les personnes non diabétiques, un dépistage régulier permet de détecter précocement une hausse de la glycémie. Discutez de vos résultats et de votre situation avec votre médecin. Les médicaments, les maladies aiguës et les repas peuvent influencer la glycémie dans les deux sens. Une seule mesure ne peut jamais tout révéler. Cependant, si plusieurs mesures indiquent une tendance à l’hyperglycémie, il est généralement judicieux d’agir. Une alimentation de qualité, une activité physique régulière, un sommeil réparateur et la gestion du stress contribuent à un meilleur contrôle de la glycémie. De nombreux petits gestes, répétés régulièrement, peuvent avoir un impact significatif. Les résultats de l’étude ne suggèrent pas que l’hypoglycémie extrême soit un objectif. Une hypoglycémie sévère peut être dangereuse. L’étude indique que le quintile supérieur présentait une probabilité plus faible d’atteindre 100. Éviter l’hyperglycémie chronique semble judicieux et ce conseil est conforme aux recommandations actuelles.
Indices dans le foie et les reins
La créatinine est un déchet produit par les muscles. Des reins sains la filtrent et l’éliminent dans l’urine. Une augmentation de la créatinine dans le sang signale souvent une diminution de la fonction rénale. Dans l’analyse suédoise, les personnes appartenant aux deux quintiles supérieurs de créatinine avaient moins de chances d’atteindre 100 ans. Ceci confirme le lien plus général entre la santé rénale et la longévité. Une légère diminution de la filtration rénale peut survenir avec l’âge, la déshydratation ou la prise de médicaments. Des élévations persistantes justifient une évaluation, car elles peuvent refléter une maladie rénale chronique. Concernant le foie, des quintiles plus élevés d’enzymes comme la gamma-glutamyl transférase, la phosphatase alcaline et la lactate déshydrogénase étaient associés à une diminution des chances d’une longévité exceptionnelle. Ces enzymes peuvent augmenter en cas de problèmes hépatiques ou biliaires, de consommation d’alcool, de prise de certains médicaments ou d’autres affections.
Santé
Les médecins interprètent ces marqueurs conjointement, et non isolément. L’étude a également mis en évidence une relation en forme de U pour l’aspartate aminotransférase (ASAT). Des valeurs très élevées comme très basses sont associées à une diminution des risques. Ce schéma indique que les valeurs extrêmes peuvent être risquées pour différentes raisons. Des valeurs très basses peuvent être liées à la fragilité ou à une malnutrition dans certains contextes. Des valeurs très élevées peuvent refléter une blessure. L’article ne propose pas de seuils précis pour les décisions cliniques. Il compare les positions relatives au sein de la cohorte. Pourtant, cela semble logique. Les reins et le foie sont essentiels au bon fonctionnement de nombreux systèmes. Par conséquent, des signes persistants de stress dans ces organes ne favoriseraient pas une longue vie. Si un bilan récent révèle des changements, demandez à votre médecin s’il est nécessaire de réaliser des analyses complémentaires, de revoir votre traitement médicamenteux, d’évaluer votre consommation d’alcool et de prescrire des examens d’imagerie, le cas échéant. De petites améliorations des habitudes peuvent contribuer à normaliser les taux d’enzymes au fil du temps.
Acide urique et inflammation
L’acide urique se forme lors de la dégradation des purines par l’organisme. Un taux élevé peut cristalliser dans les articulations et provoquer la goutte. Il peut également être lié aux calculs rénaux et à une insuffisance rénale. Les résultats suédois ont mis en évidence une relation dose-effet claire : le quintile présentant le taux d’acide urique le plus bas avait presque deux fois plus de chances d’atteindre 100 que le quintile le plus élevé. Les auteurs ont également indiqué que cette différence « pourrait suggérer une inflammation » influençant l’atteinte de ce taux. Il s’agit d’une hypothèse, et non d’une affirmation définitive. L’acide urique est lié au stress oxydatif et aux maladies métaboliques ; des taux plus faibles pourraient donc refléter un environnement interne plus stable. Cependant, il convient d’être prudent. Certaines personnes présentent un taux d’acide urique élevé sans souffrir de goutte ni de calculs. Certains médicaments et régimes alimentaires peuvent modifier ces taux à la hausse ou à la baisse.