Sur le chantier silencieux, près du quai d’Alsace à Narbonne, le jour n’a pas encore levé. Au petit matin du 20 juin 2026, un ouvrier trouve le corps d’un adolescent. C’est Louis, 17 ans. La veille au soir, il a répondu à un message, un rendez-vous sur ce chantier. Un guet-apens. Il a été roué de coups, laissé là. Trois jours plus tard, le 23 juin, il meurt à l’hôpital malgré les médecins.
Derrière cette affaire qui secoue le pays, derrière les mots de “lynchage” et de “violences en réunion“, il y a un garçon. Un ado placé en foyer, cabossé par un trouble de l’attention, fan de foot, de pêche et de guitare. Qui était vraiment Louis, mort à 17 ans dans un guet-apens à Narbonne ? Pour le comprendre, il faut revenir en arrière. Et écouter ceux qui l’aimaient.
Un guet-apens à Narbonne qui brise la vie de Louis, 17 ans
Ce soir du 19 juin, Louis quitte la maison d’enfants où il est suivi par l’aide sociale à l’enfance. Cinq jeunes lui ont donné rendez-vous sur ce chantier en construction. Il arrive seul. Ils sont plusieurs. La violence éclate très vite. Les coups pleuvent, surtout à la tête. Quand on le retrouve, dans la matinée du 20, il est entre la vie et la mort.
Depuis des semaines, Louis est pris pour cible. Il a même déposé une plainte pour violences en réunion. Déjà fragilisé, il parle peu. Aux éducateurs, il lâche quelques bribes. À son père, à ses tantes, presque rien. Scolarisé en ITEP depuis l’enfance, il a arrêté d’y aller à 16 ans: “Il a arrêté d’y aller car il en avait marre. Il était harcelé là-bas“, explique Charlotte. Alors, Louis se renferme un peu plus.
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