Obama et ses deux grand-mères : les femmes de l’ombre qui ont tout construit, et que la gloire n’a jamais suffi à remplacer

Obama et ses deux grand-mères : les femmes de l’ombre qui ont tout construit, et que la gloire n’a jamais suffi à remplacer

C’est elle et son mari Stanley qui avaient élevé le jeune Barack, après le départ de son père kényan et la mort de sa mère d’un cancer. Une mission qu’ils avaient assumée sans se plaindre, en faisant passer les besoins du garçon avant les leurs. « Elle est celle qui m’a appris à travailler dur. Elle a tout mis en moi », dira-t-il plus tard, devant des millions de téléspectateurs, lors de son discours d’investiture à la convention démocrate de Denver. Des mots simples, qui ne laissaient aucun doute sur l’ampleur de la dette.

Interrompre la campagne pour aller à son chevet : un choix qui en dit tout

Un mois avant le scrutin, alors que la campagne était dans sa dernière ligne droite et que chaque heure comptait, Obama avait pris une décision que beaucoup, dans son entourage politique, avaient du mal à comprendre : il avait suspendu ses déplacements pour prendre l’avion vers Hawaï, où sa grand-mère agonisait.

Un jour et demi loin des estrades, des réunions, des caméras. Pour aller tenir la main d’une vieille dame dans un appartement de Honolulu. Il avait expliqué sa décision avec une franchise rare en politique : il ne voulait pas répéter l’erreur qu’il avait faite avec sa mère. Ann Dunham était morte d’un cancer alors qu’il n’était pas à ses côtés — une blessure qu’il portait depuis des années, et qu’il n’était plus question de reproduire.

Cette parenthèse humaniste, au sein de l’une des campagnes présidentielles les plus tendues de l’histoire américaine, avait paradoxalement renforcé son image. Pas celle du candidat, mais celle de l’homme. Et parfois, c’est l’homme qui gagne les élections.

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