Petite histoire de la lingerie féminine
La guêpière
Inventée par Marcel Rochas à la fin de la Seconde Guerre mondiale, la guêpière s’impose en 1947 avec le New Look créé de toutes pièces par Christian Dior. Moins contraignante et plus sexy que le corset, elle dessine un idéal féminin dans lequel la taille est forcément de guêpe. Elle combine soutien-gorge, bustier et gaine, le tout prolongé d’un porte-jarretelles pour maintenir les bas. A la fin du XXe siècle, les audacieux Jean Paul Gaultier et Chantal Thomass sauront la remettre sur le devant de la scène.
BY PHOTUPDESIGN
La culotte
C’est au XIXe siècle que s’annonce la culotte moderne. L’heure est aux tuniques à l’antique, légères et diaphanes, nécessitant des dessous discrets, au plus près du corps. L’idée se précise au lendemain de la Première Guerre mondiale après que les femmes ont pris l’habitude d’être à l’aise dans leur mouvement pour remplacer au pied levé les hommes partis au front. A Troyes, dans l’Aube, Etienne Valton raccourcit en 1918 les caleçons longs fabriqués dans sa bonneterie Petit Bateau. La petite culotte en maille de jersey, blanche et parfois rose pastel, est née, profitant aux fillettes avant de libérer leurs aînées.
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Le soutien-gorge
Si le Moyen Age a connu un dessous pourvu de pièces dotées de lanières, c’est à la corsetière Herminie Cadolle que nous devons la conception du soutien-gorge en 1889. Elle donne à sa façon l’élan nécessaire pour qu’il s’épanouisse et devienne une source d’inspiration. Simone Pérèle l’habille ainsi de satin après la Seconde Guerre mondiale. Puis, dès 1948, les ingénieuses couturières Mesdames Tardivel et Haug sont à l’origine d’un système de taille de bonnets A, B et C. Toutes les poitrines, des plus menues aux plus plantureuses, sont satisfaites, soutenues en 1954 par le fameux Cœur Croisé et ses rubans élastiques.
© Nuits de Satin
La jarretière
D’emblée, ce ruban est conçu pour soutenir les jambières et les bas de laine à la fin du Moyen Age. La jarretière se présente alors dans sa plus simple expression : des cordons noués au-dessus du genou, le fameux jarret. Ce qui ne l’empêche pas d’être alors – et aujourd’hui encore – associée au mariage en version bleue ou blanche. Dévoilée sous les jupons par la mariée, elle est traditionnellement mise aux enchères auprès des invités. L’accessoire utilitaire se fait plus coquet et plus coquin au XVIIIe siècle, surtout avec l’arrivée des jarretières à message, sensuellement enrubannées autour de la cuisse.
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Une seconde peau
La lingerie d’aujourd’hui, affriolante et sexy, suit et épouse le corps des femmes sans le contraindre. Confortable et sportive, elle demeure aussi séductrice. Une bretelle ouvragée ponctuée de jolis nœuds, un haut de bonnet souligné de dentelles… Autant de finitions signant la frontière entre la peau que l’on montre et celle que l’on cache. Et pour cela, elle peut compter sur le soutien des rubans, assumant pleinement leurs fonctions tant technique qu’esthétique.
Une belle expo sur… les rubans
Sylvain Bois, commissaire général, unité scientifique du musée d’Art et d’industrie de Saint-Étienne.
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