Quand je suis rentrée tard de l’hôpital, mon mari m’a giflée violemment en hurlant : « Tu sais quelle heure il est, espèce de bonne à rien ?

Quand je suis rentrée tard de l’hôpital, mon mari m’a giflée violemment en hurlant : « Tu sais quelle heure il est, espèce de bonne à rien ?

« Léo ! » s’écria Helen, haletante, depuis son fauteuil, mais elle ne se leva pas pour l’arrêter. Elle se contenta de regarder.

« Ne me mens pas ! » rugit Léo, la violence agissant comme une drogue enivrante, attisant sa rage. Il s’approcha, me dominant de toute sa hauteur tandis que je me recroquevillais au sol. Il leva la main, paume ouverte, et me frappa une seconde fois, plus fort, sur l’autre joue.

Ma vision était saturée d’étoiles. Mon oreille bourdonnait violemment.

« Va dans la cuisine ! » hurla Léo, le visage déformé par une fureur hideuse. « Tu vas nettoyer ce désordre, et ensuite tu vas nous préparer un vrai dîner, sinon je te jure que je… »

Je glissai plus bas le long du mur, la main sur ma joue meurtrie, des larmes de désespoir absolu se mêlant au sang sur ma lèvre. Je fermai les yeux très fort, me préparant au troisième coup.

Léo leva le poing, serrant les doigts en une boule compacte, prêt à me donner un coup de poing dévastateur au visage.

« Je t’ai dit de te lever ! » hurla Léo en tendant le bras.

Mais son poing n’a jamais touché.

Une main de la taille d’un gant de baseball, gantée de cuir sombre, jaillit de l’embrasure de la porte derrière lui. Elle agrippa le poignet de Leo en plein élan avec la force mécanique et écrasante d’une presse hydraulique.

L’élan du coup de poing de Leo fut instantanément stoppé, son bras heurtant violemment l’objet inamovible qui venait de le rattraper.

4. La justice du général

Léo haleta, un son mêlant profonde confusion et douleur soudaine. Il tenta de retirer son bras, mais celui-ci était pris dans un étau d’os, de tendons et de muscles inflexibles.

Arthur sortit complètement de l’ombre du porche et pénétra dans la lumière chaude du hall d’entrée.

Il n’avait pas l’air d’un père en colère. Les pères en colère hurlent. Les pères en colère donnent des coups de poing sauvages. Arthur Vance ressemblait à un prédateur redoutable qui venait de coincer un lapin blessé. Son équilibre était parfait. Son visage était un masque de froideur et d’une immobilité terrifiante. Ses yeux étaient complètement morts, dépourvus de toute empathie humaine ; c’étaient les yeux d’un homme qui avait ordonné des frappes aériennes sur des combattants ennemis.

« Vous avez commis une erreur tactique », dit Arthur. Sa voix n’était pas un cri. C’était un grondement sourd et rauque qui vibrait à travers le plancher.

« Hé ! Lâche-moi, vieux… » commença à crier Léo, essayant de se contorsionner pour frapper l’intrus de sa main libre.

Arthur ne le laissa pas terminer sa phrase.

Avec un craquement sec et terrifiant, semblable à celui d’une branche sèche qui se brise en deux, Arthur pivota les hanches, utilisant toute la force de ses abdominaux, et fit claquer le poignet de Leo en arrière.

Léo poussa un cri strident, un son aigu et féminin d’une douleur absolue. Il tomba aussitôt à genoux, son corps cherchant désespérément à soulager la pression en suivant la direction de l’os fracturé.

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