Les incendies monstres de cet été 2026 font craindre le pire pour les forêts françaises, sous-dotées financièrement dans l’adaptation au réchauffement climatique.

Les incendies monstres de cet été 2026 font craindre le pire pour les forêts françaises, sous-dotées financièrement dans l’adaptation au réchauffement climatique.

À ces critiques s’ajoutent les interrogations sur la faisabilité de la promesse d’Emmanuel Macron. Selon les chiffres du gouvernement au 1er juillet 2026, 126 millions d’arbres ont été plantés uniquement grâce aux deniers publics, ce qui représente environ 31,5 millions de plants par an. À ce rythme, ce sont donc environ 315 millions d’arbres qui pourront être plantés d’ici 2032. Très loin de la promesse initiale d’un milliard.

La forêt, une priorité sur le long terme
À l’issue du Conseil des ministres du 27 juillet, le gouvernement a pourtant avancé le chiffre de « 300 millions d’arbres plantés depuis 2021 ». Ce, grâce aux financements publics mais aussi à « l’appui du privé » qui semble donc indispensable pour concrétiser l’objectif d’Emmanuel Macron. Problème : la fédération forestière privée juge sévèrement l’action de l’État pour le renouvellement forestier. « Adapter les forêts aux changements climatiques est le quotidien des forestiers. (…) Tandis que le gouvernement a suspendu le fonds de soutien et n’a jamais remis en question des normes qui sont contradictoires avec une gestion active et durable », a dénoncé Fransylva dans une déclaration écrite à l’AFP le 28 juillet, au lendemain des déclarations d’Emmanuel Macron en Gironde.

Le financement représente une part importante de la tâche confiée à Monique Barbut, restée au gouvernement avec la forêt érigée en « priorité ». Le 21 juillet, la ministre de la Transition écologique avait estimé « entre 5 et 10 000 euros » le coût de restauration d’un hectare. Appliqué uniquement aux 42 000 hectares détruits en Gironde, cela représenterait un coût total minimal de 210 millions d’euros. Souhaitant « accélérer » sur sa mobilisation, le gouvernement a annoncé un « programme budgétaire dédié » à partir de 2027, le fléchage de 100 millions d’euros issus du Fond Verts, et la mise en place d’une « start-up d’État » pour une meilleure coordination entre les différents acteurs. La prochaine édition du Loto de la biodiversité devrait aussi être consacrée à la forêt.

Reste un paramètre sur lequel ni Sébastien Lecornu ni Emmanuel Macron n’ont la main : le temps. En Gironde, les pompiers mettent en garde sur un feu qui mettra « des semaines, au minimum, voire des mois » avant d’être éteint complètement dans le sous-sol. En parallèle, les experts environnementaux alertent sur les dangers pour l’écosystème à replanter immédiatement. « Il faut laisser le sol se reposer, se régénérer au moins 2-3 ans », estime auprès de l’AFP Arthur Guérin-Turcq, géographe enseignant à Sorbonne Université.

Emmanuel Macron quittera ses fonctions au plus tard le 13 mai. L’adaptation des 17 millions d’hectares de forêt hexagonale échoira donc à son successeur à l’Élysée. Et si l’écologie peine généralement à s’inscrire comme un thème de campagne, l’été 2027 qui suivra la présidentielle risque bien de remettre le dossier sur le haut de la pile.

 

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