Les incendies monstres de cet été 2026 font craindre le pire pour les forêts françaises, sous-dotées financièrement dans l’adaptation au réchauffement climatique.

Les incendies monstres de cet été 2026 font craindre le pire pour les forêts françaises, sous-dotées financièrement dans l’adaptation au réchauffement climatique.

Malgré un engagement affiché, la méthode Macron critiquée
Le gouvernement n’a pas attendu d’être face aux flammes pour plancher sur le sujet. Dès 2020, un volet forestier a été intégré au plan « France Relance » avec une enveloppe de 200 millions d’euros sur deux ans. En 2023, Emmanuel Macron met les mains dans la terre pour son plan « Un jeune, un arbre » et la même année, une loi acte la mise en place d’une « Stratégie nationale de défense des forêts et des surfaces non boisées contre les incendies ». Elle verra officiellement le jour en 2025 et sera intégrée au troisième Plan d’adaptation national au changement climatique (PNACC3).

 

Mais dans le document gouvernemental, la stratégie se concentre sur la culture du risque (cartographie, sensibilisation des populations exposées…) sans vraiment se pencher sur l’adaptation de la forêt. Pire : la politique de plantation massive impulsée par le président de la République est décriée par les spécialistes, qui déplorent qu’elle se traduise principalement par des « coupes rases ». Ce procédé consiste à abattre la totalité des arbres sur une parcelle, pour l’exploitation forestière ou pour des raisons sanitaires ou d’adaptation au réchauffement climatique en replantant des espèces plus résilientes.

Mais alors qu’elle est présentée par l’office national des forêts (ONF) comme « une décision de dernier recours », la méthode est si utilisée en France est telle qu’elle favorise « un déstockage immédiat du carbone contenu dans la biomasse » des arbres et des sols forestiers selon l’ONG Canopée. En avril 2025, c’est le directeur par intérim du secrétariat général à la planification écologique qui s’inquiète publiquement : dans une note publiée à titre personnel et repérée par Le Monde, Frédérik Jobert estime qu’en privilégiant ces coupes à d’autres procédés, « l’État subventionne la perte de biodiversité ». Une alerte forte, alors que ce secrétariat est directement rattaché à Matignon.

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