Partie 1 : L’architecture des abus.
Le salon de ma maison d’enfance ressemblait à une salle d’audience où j’étais toujours l’accusé. L’air y était vicié, imprégné des cigares coûteux de mon père et du pot-pourri entêtant que ma mère utilisait pour masquer l’odeur de décomposition sous-jacente.
Assise au bord du fauteuil rigide à motifs floraux, mes mains se posèrent instinctivement sur mon ventre. Michael était assis à côté de moi, sa présence chaleureuse et rassurante contrastant avec la fraîcheur de la pièce. Il tendit la main et me serra la main, son pouce traçant des cercles apaisants dans ma paume.
En face de nous, affalée sur le canapé de velours telle une reine tenant sa cour, se trouvait ma jeune sœur, Erica. À vingt-six ans, elle vivait encore chez ses parents, sans emploi, insouciante, et dégageait une énergie amère et agitée. Mes parents, David et Linda, étaient assis dans des fauteuils à oreilles assortis, le visage fermé, comme s’ils se préparaient à payer une facture qu’ils redoutaient.
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